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La vallée du Cousin, entre Avallon et les forêts du Morvan

Le Cousin

Au pied d’Avallon, le Cousin a creusé une vallée secrète où l’eau, la forêt et la pierre composent l’un des paysages les plus attachants de l’Avallonnais. Une promenade entre nature sauvage, anciens moulins et patrimoine industriel, aux portes du Morvan.

Il suffit de quitter les remparts d’Avallon et de descendre vers la rivière pour changer complètement d’univers. Là-haut, la vieille cité s’étire sur son éperon rocheux ; en contrebas, le Cousin serpente entre les arbres et les prairies. La vallée se resserre, les versants deviennent boisés, les rochers affleurent et le murmure de l’eau accompagne le promeneur. C’est toute la singularité de la vallée du Cousin : un paysage profondément naturel, mais façonné depuis des siècles par les activités humaines.

Une rivière qui vient du Morvan

Le Cousin est l’une des rivières emblématiques de l’Avallonnais. Le Cousin prend sa source à 610 mètres d’altitude, à cheval sur les départements de la Nièvre et de la Côte-d’Or, au cœur de la région naturelle du Morvan et rejoint finalement la Cure. Dans sa partie amont, la rivière porte également le nom de Trinquelin, avant de redevenir Cousin après sa confluence avec la Romanée. Son parcours total atteint environ 66 kilomètres.
À l’approche d’Avallon, le cours d’eau a creusé une vallée encaissée dans le granite. Le contraste avec les plateaux environnants est spectaculaire : les versants boisés plongent vers le fond de vallée tandis que la ville historique domine le paysage depuis son promontoire.

Le Parc naturel régional du Morvan décrit ici une véritable zone de contact entre le massif granitique et les plateaux calcaires de la Terre Plaine. Cette rencontre géologique explique en grande partie le caractère particulier du paysage.
Pour le visiteur, cette géologie se découvre sans avoir besoin d’un manuel : il suffit de regarder les rochers, les pentes et les falaises qui accompagnent la rivière.

Avallon, une ville suspendue au-dessus de la rivière

Difficile de comprendre Avallon sans regarder vers le Cousin. La vieille ville est installée sur un promontoire granitique qui domine la vallée d’une centaine de mètres. Cette position élevée explique en partie le rôle stratégique joué par Avallon au fil des siècles. Dès l’Antiquité, la cité se trouve sur la Via Agrippa, la grande voie romaine reliant Lyon à Boulogne-sur-Mer. Le site aurait également connu une implantation celtique avant de devenir un castrum gallo-romain.

Aujourd’hui encore, cette relation entre la ville et la vallée fait partie du charme d’Avallon. Depuis les jardins en terrasses, les remparts ou certaines rues de la vieille ville, le regard plonge vers le Cousin et les collines boisées.

Puis, en descendant, la perspective s’inverse : depuis la rivière, ce sont les murailles, les maisons anciennes et les édifices religieux qui semblent émerger de la végétation.

Cette complémentarité entre patrimoine bâti et patrimoine naturel donne à la vallée une identité particulièrement forte.

Les moulins, mémoire d’une vallée industrieuse

Le Cousin n’a pas seulement façonné le paysage. Pendant des siècles, il a fourni une énergie précieuse aux habitants. La rivière alimentait de nombreux moulins, mais aussi des activités artisanales et industrielles, notamment les tanneries. L’eau était à la fois une ressource et une force motrice. Le Parc naturel régional du Morvan rappelle que ces activités hydrauliques ont largement contribué à la prospérité d’Avallon jusqu’au XIXe siècle.

Aujourd’hui, les anciennes installations ne fonctionnent plus comme autrefois, mais leurs traces ponctuent encore la vallée. Certains moulins ont été transformés en habitations, en établissements touristiques ou en restaurants. Le paysage conserve ainsi la mémoire d’une époque où la rivière constituait le véritable moteur économique de la vallée.

À Pontaubert, le patrimoine lié à l’eau est particulièrement intéressant. Le vieux pont qui traverse le Cousin aurait été construit à l’origine en bois vers le IXe siècle, avant de connaître plusieurs reconstructions. Son emplacement se trouvait sur un itinéraire ancien reliant notamment Autun, Avallon et Vézelay.

Le village constitue ainsi une étape naturelle pour comprendre l’histoire de cette vallée située sur les chemins de circulation et de pèlerinage.

Une nature remarquable au fil de l’eau

Mais la vallée du Cousin ne se résume pas à son histoire. Elle constitue également un espace naturel d’une grande richesse. La partie située au sud d’Avallon couvre notamment environ 841 hectares et présente une mosaïque de forêts, de cours d’eau et de milieux rocheux. On y rencontre des boisements de ravin, des aulnaies en bordure de rivière et des hêtraies présentant une flore remarquable.

Plus largement, la vallée du Cousin et ses secteurs amont forment un ensemble naturel beaucoup plus vaste, avec forêts, prairies humides, bocages, éboulis et plusieurs étangs. La diversité des milieux favorise la présence d’une flore particulièrement intéressante, à la rencontre d’influences atlantiques, montagnardes et méditerranéennes.

Cette richesse explique la présence de secteurs intégrés aux dispositifs de protection et d’inventaire du patrimoine naturel, notamment dans le cadre du réseau Natura 2000.

Au bord de l’eau, la végétation change avec les saisons. Aulnes, saules, frênes et autres arbres de berge accompagnent le cours de la rivière. Dans les eaux fraîches, la truite fario trouve un habitat favorable. La rivière accueille également une faune discrète, dont le cincle plongeur et, dans certains secteurs, des espèces plus rares.

Une vallée à parcourir doucement

C’est sans doute à pied que le Cousin se découvre le mieux. À proximité d’Avallon, le Chemin bleu propose notamment une promenade familiale d’environ 2,5 kilomètres permettant de découvrir les milieux aquatiques et les paysages de la vallée. La balade peut être prolongée vers les Isles Labaume, aménagées pour les familles et les activités de plein air.

Plus loin, les sentiers permettent de suivre la rivière et de rejoindre progressivement les paysages de Pontaubert. Le rythme est tout trouvé : marcher, écouter l’eau, observer les oiseaux, regarder les vieux ouvrages hydrauliques et lever les yeux vers les pentes boisées.

Les pêcheurs connaissent eux aussi depuis longtemps la qualité du Cousin. La rivière est classée en première catégorie sur une grande partie de son parcours et abrite notamment la truite fario. Certains secteurs sont spécialement aménagés pour la pêche à la mouche.

Une porte discrète vers le Morvan

La vallée du Cousin possède enfin une qualité précieuse : elle donne au visiteur l’impression d’entrer progressivement dans le Morvan. Avallon est souvent présentée comme l’une des portes du massif. Depuis la cité perchée, il suffit de descendre vers la rivière pour retrouver en quelques minutes une atmosphère de forêt, d’eau et de rochers.

C’est cette transition qui fait tout le charme du lieu. La vallée n’est ni tout à fait la ville, ni tout à fait la montagne. Elle constitue un espace intermédiaire où se rencontrent l’histoire d’Avallon, les paysages du Morvan et la présence permanente de la rivière.

Au fil de l’eau, les anciens moulins racontent le travail des hommes ; les rochers racontent la géologie ; les arbres et les zones humides racontent la richesse du vivant. Et, au-dessus de tout cela, Avallon rappelle que les hommes ont choisi depuis très longtemps cet éperon pour y installer leur cité.

Pour une escapade à la journée, la vallée du Cousin offre donc une belle combinaison : une promenade au bord de l’eau, la découverte d’un patrimoine industriel méconnu, les paysages forestiers du Morvan et, pour terminer, une flânerie dans les ruelles d’Avallon. Une invitation à ralentir, tout simplement, et à prendre le temps de regarder ce que la rivière a patiemment construit autour d’elle.